Dimanche 18 août nous quittons la marina de La Linéa de la Concepcion à 7h30 et passons faire le plein à Gibraltar (côté anglais) puis prenons la direction de la côte africaine et plus précisément la marina de Saïdia au Maroc. La navigation se passe sans encombre et après un départ un peu venté car nous sommes sous l’influence du détroit, c’est la risée Yanmar qui nous accompagne jusqu’au bout, nous renouons avec les navigations en méditerranéenne : 50% à la voile 50% au moteur.

Nous arrivons vers 10 h du matin le lundi 19 août et là les douaniers et les marinéros de la marina nous accueillent et nous prêtent main forte pour l’amarrage. Première visite comme il y a 3 ans à Rabat de la Douane puis passage à l’immigration et au bureau de la marina pour les papiers d’entrée. Tout se passe dans la bonne humeur et nous voilà en règle et attendons le contrat de la marina pour la place à quai et au sec pour une durée d’une année. Nous envisageons effectivement de ne pas revenir sur le bateau avant mai 2020.

Nous avons le temps de faire les travaux de mise en hivernage puisque nous sommes ici jusqu’à la mi septembre date probable de notre retour pour la France. Nous commençons tout de même le lendemain par un lavage complet de la coque et du pont ainsi que du portique, ce que nous devrons refaire plusieurs fois car ici le bateau se salit très rapidement.

La semaine suivante nous allons à Berkane au Super Marjane car notre petit aspirateur Dyson Car and Boat est en panne, la batterie certainement. La nous trouvons un aspirateur traineau sans sac pour 500 dirhams (50€). Nous déjeunons de poisson et riz dans un petit restaurant et rentrons à la marina en taxi collectif pour 20 dirhams pour nous deux soit 2 euros pour une parcours de 33 km. Il est possible de privatiser le taxi pour 60 dirhams à 10 dirhams la place ce qui représente 6 places (2 devant et 4 derrière plus le chauffeur).

Nous commençons ce séjour d’un peu moins d’un mois par un nettoyage complet de la baille à mouillage et la soute à voile. Je réalise ce nettoyage avec le produit (dégraissant multi-usage de Chante Clair) que nous a donné Philippe notre voisin de ponton que nous avions rencontré à Lanzarotte aux Canaries, il y a 3 ans déjà. Pour la petite histoire, Philippe -ancien capitaine au long cour en second- navigue seule sur son Santorin depuis le décès de sa femme. La particularité de ce Santorin repose sur le fait que contrairement à la très grande majorité des bateaux, de monsieur Amel, gréés en ketch (deux mats) sauf les dernière générations des 50 et 60 pieds, celui-ci est gréé en sloop (un seul mat).

Nous prenons cependant un après midi pour aller faire un tour au marché de Saidia afin d’y acheter des produits frais, essentiellement des fruits et légumes. Nous partons en fin de matinée et déjeunons avant de faire les courses. Nous prenons des sardines grillées avec des frites et une salade marocaine en entrée le tout arrosée d’une eau bien fraiche. Nous terminons par un thé menthe excellent, le tout pour 70 dirhams les deux repas.

Le lendemain nous allons à la paillote de Momo, un jeune franco marocain. Nous l’avons rencontré à la marina lorsqu’il amarrait son petit bateau moteur -en panne- sur le même ponton que le notre. Voyant que ses amarres ne tenaient qu’à un fil, je lui ai donné deux bouts que j’avais en trop. Le lendemain il passe et nous entamons la conversation, il est originaire de Saint Denis en banlieue parisienne où il y a passé toute sa jeunesse. Pourquoi il n’a pas mal tourné comme bon nombre de ses copains, certainement grâce à l’éducation de ses parents mais aussi parce qu’il a une très grande force de caractère et que lui, son rêve, n’était pas de faire du « fric » facilement en dealant. Toujours est il qu’il est venu s’établir dans le pays de ses parents et parce qu’ici le roi a assoupli en peu les lois et que pour la libre entreprise des franco marocains il a appliqué les mêmes conditions qu’en France c’est à dire en supprimant les bakchichs des intermédiaire. Il a donc droit de jouissance d’un parcelle de plage où il a installé sa paillote qui, de juillet à septembre tourne environ 20 heures par jour. Il envisage également de monter une entreprise d’exploitation de carrière puis de travaux public. Nous lui souhaitons de réussir car il le mérite.

Un matin dans le courant de la deuxième semaine de notre séjour, nous avons la désagréable surprise de trouver, dans le cockpit, une « crotte » de souris ou plutôt de rat car elles est assez grosse. Effectivement quelques temps après, alors que nous sommes dans le cockpit pour diner, je vois un rat d’une trentaine de centimètres monter sur le bateau et se faufiler sous le caillebotis arrière pour aller certainement se balader dans les coffres intérieurs qui communiquent avec ceux de la poupe. La chasse au rat débute car, comme tous les navigateurs, nous redoutons ces rongeurs qui « bouffent » tous les files électriques en pensant y trouver de l’eau. Nous fabriquons des pièges avec de la glu achetée au marché à Saidia sur des petits bouts de carton. Nous voyons des traces de pattes sur la glu de nos pièges qui sont certainement trop petits et la glu trop ancienne car point de rat attrapé. Nous avons appris qu’au souk de Saidia il y a des pièges à rat et de la glu, ni une ni deux, dimanche 1er septembre, nous allons recherche des tapettes et des tubes de glu. Nous mettons bien évidemment des bouteilles plastiques coupés sur les amarres pour l’empêcher de monter. Ce qui ne l’empêche en rien car nous l’entendons toujours gratter la nuit dans les coffres du carré. Je pense qu’il utilise les pares battages car avec le vent d’ouest, le bateau est collé sur le ponton.

Mercredi 4 septembre matin nous profitons de l’absence de vent pour rincer le génois, la trinquette et la grand voile car il va falloir que nous le rangions pour l’hiver. Nous affalons donc le génois et la trinquette, pour la grand voile nous attendons le dernier jour. En effet, le rail de l’enrouleur bat dans le mat lorsque celui-ci ne supporte plus la voile.

Nous bataillons une grande partie de la semaine et samedi 7 septembre nous retrouvons le rat coller sur le piège dans le coffre situé juste derrière la salle d’eau avant tribord. Avec un marinéros présent ce matin là, nous l’achevons à coup de manche à balais, je sais c’est sauvage mais les circonstance sont telles, et le jetons à la poubelle avec le piège à glu.

Nous passons toutes la journée de lundi et la matinée de mardi à nettoyer et désinfecter à l’eau de javel tous les fonds et les coffres, car après sont passage il n’est pas question de laisser le bateau pour l’hivernage de 8 mois dans cet état.

Nous devons faire rapidement car nous avons demandé le grutage pour la mise au sec du bateau le jeudi 12, ce qui en cas de « pépin » nous laisse encore le vendredi pour terminer le processus. En effet, nous avons un vol direct Paris Orly lundi 16 septembre à 10h. Nous devons encore plier et ranger toutes les voiles et terminer les bagages. Nous avons, avec les responsables de la marina, trouver un appartement pour 3500 dirhams pour 5 nuits (70€ la nuit) à proximité du chantier ou va être le bateau, ce que nous cherchions car nous sommes à pied.

Nous redevenons donc terrien mercredi 11, mais avant nous devons affaler la grand voile car il n’est pas question de faire cette opération à sec. Ensuite, avec un marinéros et la voiture de la marina nous amenons les bagages ainsi que tout le linge à laver à El Kaouini appartement. En effet, il y a une machine à laver dans l’appartement ce qui va bien nous aidé. Vue de l’extérieur cette résidence parait bien mais il ne faut pas trop gratter car, bien que très récente, elle a très mal vieillie.

L’appartement est relativement spacieux avec un toit terrasse qui va nous être bien utile pour sécher le linge. Malheureusement le lave linge ne fonctionne pas correctement et un seul programme est opérationnel. De plus, les meubles de cuisine sont tous dans un piteux état portes des meubles hauts absentes ou bien prêtes à tomber. Enfin, il faut être serrurier pour faire fonctionner la serrure de la porte d’entrée. Le responsable nous propose de changer pour un autre qui a été libéré le matin même, nous acceptons si la machine fonctionne correctement, ce qu’il nous assure bien évidemment. Je tente de négocier le prix avec le responsable et nous transigeons pour 3000 dirhams soit 60€ la nuit ce qui nous parait cher par rapport aux montants que nous avons régler pendant tout notre périple, y compris en Espagne en juillet dernier.

Le frigo du second appartement fuit, l’homme de maintenance nous dit que cela va s’arrêter, bon… pourquoi pas. Carine fait une machine à laver qui ne fonctionne pas mieux que la précédente et nous nous couchons. Pris d’un envie pressente à 5h du matin, je me lève et qu’elle n’est pas ma surprise en sortant de la chambre de patauger dans une mare d’eau. Nous voilà donc à 5h du matin en train « d’écoper », je crois que nous allons retourner dans le premier appartement. A 8h j’appelle l’homme de maintenance, que je réveille, et lui dit que nous allons changer d’appartement, on se donne donc rendez vous à 8h30 pour lui faire constater la fuite. A 9h ne voyant personne je le rappelle et il me dit que nous pouvons changer car il viendra plus tard.

Ce que nous nous empressons de faire car nous avons rendez vous à 10h pour le grutage du bateau.

La mise au sec se passe bien comme prévue et à 16h le bateau est sur son emplacement en cour de calage. Il nous reste 2 jours pour terminer l’hivernage, démonter bimini et capote, protéger avec du film les enrouleurs, arrêté tous les appareils etc.. Nous passons la journée de dimanche à dire au revoir à nos amis qui restent sur place et nous reposer avant le départ du lendemain.

Comme prévu lundi matin, le taxi est en bas de notre porte à 6h pour en vol à 10h à l’aéroport de Nador, nous arrivons tranquillement à 7h15 et nous dirigeons vers la porte du départ pour les formalités. Cette année nous rentrons pour une durée de 8 mois qui va nous laisser le temps de voir un peu la famille et faire les travaux d’entretien dans l’appartement de Gretz ainsi que dans celui de Grandcamp.

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Voilà Batopoupa est bien calé pour un hivernage de 8 mois avant notre retour en mai 2020.