Forêt d’Arrayanes et Ile Victoria

Aujourd’hui Maximo vient nous chercher à 12h30 pour le port de Pañuelo ou nous prenons un bateau catamaran pour une navigation d’environ 2h sur le lac Nahuel Huapi et nous rendre au port de Quetrihue, ponton qui permet d’aller dans la forêt d’Arrayanes. Nous sommes donc dans la forêt pour une balade d’1km environ dans ce « parc « Parque Nacional Arrayanes » qui fait partie du Parque Nacional Nahuel Huapi.

Lorsque l’on pénètre dans cette forêt on est frappé par son côté mystique. L’arrayanes espèce endémique est un exemplaire d’écorce lisse couleur cannelle qui donne cette couleur ocre caractéristique de la forêt, qui a un problème de conservation. En effet, outre la concurrence que représente pour les espèces autochtones l’introduction d’espèces exotiques importées d’Europe, et spécialement le sanglier et le lièvre européen, ainsi que du bétail bovin, le tourisme a été et est la cause de graves dégâts pour la végétation, spécialement pour les arrayanses. Étant donné leur lente croissance, les exemplaires juvéniles sont détruits par inadvertance par les visiteurs. En outre la destruction de la végétation superficielle provoque l’exposition des racines des exemplaires plus âgés, ce qui leur est préjudiciable et dans certain cas de manière irrémédiable.

Nous reprenons ensuite le bateau direction Isla Victoria où l’on fait une promenade dans la forêt. On passe par l’ancien centre de formation des forestiers, on finit le parcours par une forêt de pins puis une autre d’eucalyptus. En lieu et place d’essences importées type eucalyptus les forestiers replantent maintenant des espèces endémiques de Patagonie des Araucarias.

Nous retournons à l’appartement vers 21 heures.

Journée surprise avec Boris

Ce jour est la journée surprise de Boris qui vient nous chercher à 10h30 à l’appartement. Nous allons au sud de Bariloche au kilomètre 10 où sur la plage nous embarquons sur un semi-rigide direction l’ile Huemul. Cette ile n’est accessible que par le lac et uniquement en bateau ce qui limite drastiquement le nombre de visiteurs. Elle a une histoire peu banal en effet, elle a hébergé le projet Huemul, projet secret proposé par le scientifique autrichien Ronald Richter au gouvernement argentin en 1948. À la fin des années 1940, ce Ronald Richter avait persuadé le général Perón, président argentin, que l’énergie de fusion était maîtrisable à l’échelle d’un laboratoire. Il se basait sur le fait que sur une population d’atomes, il y avait statistiquement une fraction (très petite) d’atomes possédant une énergie suffisante pour obtenir la fusion. Perón lui alloua donc un budget qui a permis à Richter de s’équiper avec le matériel le plus avancé de l’époque, et il lui a confié la construction de ses installations sur l’une l’île Huemul. À la suite d’une erreur d’interprétation dans une expérience de Richter, Perón annonça l’obtention de la fusion nucléaire. Malgré cette annonce, qui a suscité beaucoup de controverses, une commission d’enquête à la charge de physiciens argentins est arrivée à la conclusion que Richter n’avait pas obtenu de fusion, et Richter a dû quitter le pays. Le projet a été fermé en 1952.

Nous parcourons avec Boris les vestiges de ce centre de recherche. En retournant sur la petite plage où nous avons débarqué, une picada nous attend pour le déjeuner. Une fois restaurer nous rentrons directement car le temps s’est dégradé et le lac lève des vagues qui nous obligent à naviguer lentement.

Après récupération du linge déposé le matin nous retournons à l’appartement pour 16h30 ce qui nous laisse le temps de nous préparer pour le vol du lendemain direction El Calafate.