Effectivement, le bateau Aldébaran arrive de l’anse du Marin samedi 31 mars en fin de matinée. Nous appelons à la VHF et Sandrine nous répond que tout va bien et que nous sommes les bien venus à bord, je réponds que nous passerons soit ce jour soit demain.

Nous décidons d’aller faire un coucou à l’équipage d’Aldébaran, Marco, Sandrine et Maé mais aussi Imelda et Philippe le lendemain matin après les courses. Comme nous nous en doutions, nous sommes invités à partager le repas du midi. Nous ne  rentrons au bateau que tard dans l’après midi après avoir conter nos péripéties réciproques depuis notre départ de Saint Laurent du Maroni où nous étions avec Imelda et Philippe. Je fais état du problème de mon frigo, celui qui n’a pas été réparé, et Marco me propose de venir le lendemain après midi pour regarder. En effet, il débute dans la réfrigération.

Malheureusement, Marco ne trouve rien sur ce problème de surconsommation électrique du frigo, il passe de 4 Ampères  à 10 Ampères puis retombe à 4 Ampères, le compresseur le lance 3 secondes puis s’arrête puis le ventilateur de refroidissement démarre et s’arrête aussi après 3 secondes. Je rassure Marco en lui disant que je fais faire intervenir Pascal de Nautic Froid qui a déjà réparer le congélateur (cf. article Martinique 1er passage).

Pour que Pascal puisse intervenir il faut impérativement que je sois à la marina pour bénéficier du 220 volts. Ceci est beaucoup plus simple à dire qu’à faire car nous mettrons pratiquement une semaine pour bénéficier d’un poste à quai au Marin malgré mes appels téléphoniques journaliers. Mais au miracle, le dimanche en fin de journée un courriel arrive sur ma boite mail pour me signifier qu’une place est libre à partir du lendemain matin. J’envoie instantanément un message à Pascal pour confirmer notre RDV que nous avions fixé au mercredi matin 9h sans avoir la  certitude à ce moment là d’une place à la marina. Le mercredi Pascal vient et détecte un problème avec la résistance d’accélération (elle permet d’accélérer le compresseur à 3000 tours/mn au lieu de 2500). Il change donc cette résistance mais horreur, le dysfonctionnement se reproduit. Il décide donc de supprimer la résistance et là plus de problème tout rentre dans l’ordre. Il m’explique que si la résistance ne peut faire son office, c’est que très certainement le compresseur commence à montrer des signes de faiblesse. Il faudra un jour songer à le changer.

Le lendemain dès potron-minet, nous réservons à la marina Étang Z’Abricot à partir du vendredi 13 avril pour 4 semaine. Dans la foulée nous cherchons sur internet une voiture en location pour également 4 semaines. Nous trouvons notre bonheur chez Jumbo Car à l’aéroport international pour seulement 443,30€ pour les 28 jours soit 15,83€ par jour.

Vendredi contre toute les superstitions, nous appareillons à 9h30 direction marina Étang Z’Abricot que nous atteindrons sans encombre et, à 15h30 nous sommes amarrés panne B1 place 5. Pourquoi contre toutes les superstitions car 1) on n’appareille jamais un vendredi et 2) encore moins si ce dernier est le treizième jour du mois. Nous avons fait le choix de cette marina car d’une part, le Marin ne pouvait pas nous accueillir et d’autre part, le prix est plus attractif et la situation géographique plus au cœur de l’ile que le Marin. La différence de prix dans cette marina n’est pas négligeable puisque nous nous acquittons de 371,07€ pour un mois contre 497,50€ au Marin. Il est vrai que l’électricité est payante le kWh est facturé 21,28€, à nous d’être économes et pour consommer un kWh il faut le vouloir car nous n’utilisons le 220 volts que pour recharger les appareils électriques tels que smartphone et autres ordinateurs. En revanche,  la tonne d’eau (1m³) est à 2,02€ contre 8€ au Marin.

Le samedi matin nous prenons un taxi qui pour 29€ nous amène à l’aéroport, non pour y prendre un avion, mais pour y récupérer notre véhicule chez Jumbo Car. Nous voilà équipés pour visiter l’ile de la Martinique.

Pendant ces 4 semaines à la marina Étang Z’Abricot, nous visiterons 1) les jardins de Balata ; 2) l’habitation Clément ; 3) la distillerie Neisson ; 4) le château Du Buc ; 5) l’habitation Ceron ; 6) balade en bateau dans la barrière de corail sur la côte au vent. le reste du temps

sera consacré à l’avitaillement en vue de nos prochaines navigations dans les iles du sud, aux achats d’accastillage et à l’entretien du bateau.

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Je colmate avec de l’Epicol T, entre autre la pipe d’échappement qui présente des micro fissure et fuie. Et miracle, ça fonctionne il n’y a plus de fuite à suivre tout de même.

1/ Les jardins de Balata

Dimanche après midi, le beau temps étant présent nous allons aux jardins de Balata et prenons  la route qui conduit au Morne Rouge, juste au pied des Pitons du Carbet. Cette route très pittoresque est appelée la route de la Trace. Le jardin a été créé par Jean-Philippe Thoze, un horticulteur paysagiste passionné par la botanique et plus particulièrement par les espèces tropicales. Ce parc floral a été aménagé sur un terrain qui avait appartenu à ses grands-parents. L’espace, laissé totalement à l’abandon pendant une dizaine d’années, avait été rapidement et totalement colonisé par la forêt tropicale. L’aménagement du jardin, commencé en 1982, a donc nécessité un travail considérable. Le Jardin de Balata dispose d’un immense patrimoine floral, Jean-Philippe Thoze y ayant acclimaté des espèces florales de toutes les régions tropicales du monde. L’espace sur lequel est installé le jardin est loin d’être plat et cette configuration a permis d’aménager un réseau de chemins qui offrent une succession de perspectives variées, d’où cette sensation au cours de la promenade d’être sans cesse surpris par de nouvelles découvertes. La construction récente de balcons surélevés et de pont suspendus dans les arbres, parfaitement sécurisés, donne en outre la possibilité à ceux qui ne sont pas sujet au vertige de bénéficier d’une belle vue aérienne.

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L’abondance de la végétation permet d’effectuer la majeure partie du parcours à l’ombre et de nous protéger des affres du soleil des tropiques. La partie la plus basse du jardin où se situe un bassin constitue le clou du spectacle avec des jacinthes d’eau, des lotus et une myriade de poissons rouges. Pour peu qu’une belle lumière soit au rendez-vous le jour de la visite, l’endroit, dominé par une pente parfaitement exploitée pour créer de majestueux alignements de couleurs, prend vite des allures de Jardin d’Eden.

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En rentrant, nous passons par le Sacré Cœur de Balata qui est située dans le quartier éponyme à 7 kilomètres de Fort de France, sur le Morne Savon. Il s’agit d’une curiosité car le monument est la réplique exacte mais miniature au 1/5 de la Cathédrale du Sacré Cœur à Paris. Sa construction fait suite à l’afflux de réfugiés sur Fort de France et ses environs dans les mois et années qui ont suivi l’éruption de la Montagne Pelée et la destruction de Saint Pierre en 1902… C’est en 1915 que la décision est prise d’édifier une église à cet endroit. La première pierre est posée en 1924 et la construction, confiée à l’architecte Wuifflef, s’achève une année plus tard, le 9 Aout 1925. L’intérieur respecte les plans du Sacré Cœur mais la Cathédrale martiniquaise reste nettement plus sobre que son illustre consœur pour la décoration et la richesse des ornements.

 

2/ L’habitation Clément

Ce mardi 24 le temps est au beau aussi nous décidons d’aller visiter l’habitation Clément. Avant la visite du domaine Clément, nous poussons jusqu’au François pour y déjeuner chez Kaï Nono. Le repas est très copieux, après une assiette d’accras en entrée nous poursuivons par un steak de Marlin accompagné de riz blanc et lentilles pour terminer par une glace au chocolat pour moi et un blanc mangé pour Carine (un entremets sucré à base de lait aromatisé et épaissi avec de la fécule de pomme de terre). Nous quittons l’établissement pour aller digérer dans le parc de l’habitation Clément.

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En Martinique, on appelle « habitation » l’ensemble constitué par un domaine agricole planté en canne à sucre, la maison du propriétaire et les bâtiments qui servent à l’exploitation de la plantation. L’existence d’une exploitation à cet endroit est signalée dès la fin du XVIIIème siècle. Mais c’est au XIXème siècle que le domaine – alors appelé Domaine de l’Acajou – est devenu une grande plantation. C’est à cette époque que les dépendances, cuisine, écurie, ont été construites et que la maison de maître a été réaménagée dans sa configuration actuelle. L’habitation, alors en mauvais état, est rachetée en 1887 par Homère Clément, un des premiers médecins martiniquais noirs. Il réhabilite les équipements et relance l’activité du domaine qui se limite toutefois pendant 30 ans à la culture de la canne, vendue après la récolte à l’usine du François, avant de créer une distillerie en 1917. A sa mort, en 1923, son fils Charles lui succède et, s’appuyant sur sa formation d’ingénieur, perfectionne les procédés de fabrication. Le rhum « Acajou », dont la qualité est bientôt unanimement reconnue, devient le rhum Clément. Les deux fils de Charles épaulent d’abord leur père, puis lui succèdent. L’entreprise finit par connaître quelques difficultés et elle est vendue en 1986 au Groupe Bernard Hayot.

Le matériel étant trop vétuste, la distillation sur le site est abandonnée en 1988 (Elle est depuis assurée par la distillerie du Simon). Le nouveau propriétaire entreprend progressivement une réhabilitation des bâtiments du domaine et aménage l’ancienne distillerie de manière à ce que l’on puisses observer les installations et comprendre les étapes successives de l’élaboration du rhum.

Le domaine comprend aujourd’hui un grand parc aménagé récemment en jardin botanique en lieu et place d’anciens espaces industriels. L’on peut s’y promener librement sur des allées ombragées par de splendides palmiers. Divers mécanismes ou machines utilisées autrefois pour la distillerie sont exposés : un locotracteur avec ses wagonnets qui transportaient les cannes, d’énormes engrenages, une machine à vapeur etc..  Sur un promontoire, un moulin à bêtes traditionnel a été reconstitué. Des sculptures d’artistes du monde entier ponctuent également la promenade.

 

Mais la visite commence réellement quand, après avoir traversé le hall d’accueil et la boutique, on découvre les installations de l’ancienne distillerie : Machine à vapeur, moulins broyeurs, colonnes de distillations… On circule sur plusieurs niveaux grâce à des passerelles présentant des fiches explicatives qui décrivent les opérations successives de la fabrication du rhum. En sortant de cet espace on peut entrevoir les chais où sont entreposées de nombreuses barriques.

La maison de maitre, principale attraction du domaine, est alors située sur un petit promontoire herbeux juste distant de quelques pas. L’agrément d’une telle demeure devient évident lorsqu’on entre à l’intérieur. L’aération, assurée par de nombreuses persiennes, maintient une fraîcheur agréable. Le sol est recouvert de carreaux de céramique colorés et les pièces sont élégamment meublées avec du mobilier de style « Compagnie des Indes », très à la mode aux Antilles au XIXème.

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Les dépendances mitoyennes sont également visitables : L’écurie parfaitement restaurée et la cuisine. L’ensemble, demeure et dépendances, est classé monument historique depuis 1996. La visite se termine par la boutique qui propose bien sur toute la gamme des rhums du domaine, dont une grande partie peut être dégustée.

Maintenant que nous avons visité l’habitation Clément je vais vous présenter le processus de fabrication du rhum agricole :

La fabrication du rhum peut se résumer en trois grandes étapes: la fermentation qui permet de transformer du sucre en alcool, la distillation qui concentre cet alcool et l’élevage qui permet d’affiner le rhum selon le type recherché : blanc, paille, vieux, …

Pour en savoir plus sur la fabrication du rhum agricole cliquez sur ce lien

 

3/ La distillerie Neison

Le temps est très maussade en Martinique en ce mois d’avril, aussi nous choisissons les jours de relatif beau temps pour nos visite de sites pittoresques. C’est le cas ce jeudi 26 avril après midi aussi, nous allons visiter la distillerie Neisson au domaine de Thieubert dans le village Le Carbet.  Créée dans les années 30, elle demeure une des dernières distilleries familiales. C’est aussi l’une des dernières distilleries en Martinique à cultiver sa propre canne à sucre. Les amateurs de rhum blanc prétendent que le Neisson est le meilleur de l’île. Les rhums Neisson ont obtenu de nombreuses récompenses lors des concours agricoles de Paris et depuis 2003 l’entreprise a entrepris une conversion au bio.

La visite est libre et nous faisons toutes les étapes de la récolte à l’embouteillage en passant par la fermentation, la distillation puis l’élevage pour avoir du rhum blanc ou du rhum vieux. A l’issue de la visite passage obligé par la dégustation où nous goutons un rhum bio de 52,5° qui est un vrai régal même au nez, nous décidons d’en acheter une bouteille.

Pour en savoir plus sur la distillerie Neisson cliquez sur ce lien.

4/ Le château Du Buc

Dimanche 29/04 nous partons en début d’après midi en direction de la presqu’ile de la  Caravelle. Nous n’avons pas de but précis mais Carine a vu que le Château Du Buc pouvait se visiter nous y allons donc. Le Château Du Buc se situe tout au bout de la Presqu’île de la Caravelle, en surplomb de la magnifique Baie du Trésor. Après 10 minutes de descente d’un chemin carrossable, nous arrivons à l’entrée, il est 15h et le château ferme à 16h30, ce qui nous laisse 1h30 pour effectuer la visite.

Il s’agit aujourd’hui de quelques ruines disséminées dans un vaste parc mais l’endroit fut au cours du XVIIIème siècle la propriété de la riche et puissante famille Du Buc. En 1657, Pierre Du Buc fuyant la France suite à un duel, s’installe en Martinique. Il s’illustre rapidement dans la courte guerre qui oppose les indiens Caraïbes aux colons et reçoit en récompense une concession aux environs de la Trinité sur laquelle il cultive la canne à sucre et le tabac… Fort de son succès il rachète dans les années qui suivent les terres environnantes et devient l’un des plus importants propriétaires de la Martinique. C’est à son petit fils, Louis du Buc du Galion, que l’on doit la construction du Château entre 1720 et 1725. La propriété est habité par la famille pendant près de 70 ans – Une période au cours de laquelle on soupçonne les maitres des lieux, sans toutefois en avoir la preuve, de s’être livrés à la contrebande notamment d’esclaves…

Une chose est certaine en revanche, l’isolement de l’extrémité Est de la Presqu’île était propice au débarquement discret des embarcations… Plusieurs cyclones endommagent la demeure avant que les Anglais ne la pille en février 1794. Le domaine est alors laissé progressivement à l’abandon. C’est en 1974 (anagramme de la date où les anglais l’on pillé) que le Parc Naturel Régional s’en porte acquéreur et entreprend un long travail de réhabilitation des espaces. Aujourd’hui le Château Du Buc qui abrite aussi un petit musée retraçant la vie de ses propriétaires est le troisième site touristique le plus visité de l’île.

5/ L’habitation Ceron

Journée de grand beau nous partons donc dès 10 heures en direction de l’habitation Ceron sans savoir si en ce premier mai elle est ouverte. En effet, malgré nos appels téléphoniques répétés depuis deux jours, nous ne sommes pas arrivés à avoir qui que ce soit. Après 2 heures de petite route à travers le centre de la Martinique nous arrivons enfin vers 12h15 à l’habitation Ceron. Nous voulons visiter cette habitation car nous avons lu dans le routard et sur différents blogs qu’elle en valait vraiment le détour.

L’Habitation Céron est signalée en 1658 comme une importante sucrerie avec moulin à eau. Elle a conservé l’ensemble de ses bâtiments de manufacture de sucre et de manioc.
Aujourd’hui l’Habitation Céron s’oriente vers l’agrotourisme avec ; ses bassins d’écrevisses, la réhabilitation de sa cacaoyère et la transformation de fèves de cacao qui servent à fabriquer des chocolats d’exception, le maraichage et la culture d’arbres fruitiers. Des cacaoyers sont plantés régulièrement dans le plan de réhabilitation de l’ancienne cacaoyère. Les fèves de cacao récoltées sur l’habitation sont torréfiées puis broyées afin de fabriquer du pain caco.

Mais quelle ne sont pas notre surprise et désappointement lorsque, arrivés à l’accueil, la réceptionniste nous demande si nous avions réservé car il n’y a plus de place. Nous avons beau dire que nous n’avons jamais pu les joindre par téléphone rien n’y a fait. Nous sommes repartis sans même visiter le parc et avons déjeuné chez Alice dans le village Le prêcheur. Ce plan B s’est avéré de très bon aloi car nous dégustons des écrevisses à la mode créole au demeurant excellentes.

Pour digérer nous allons au Domaine de l’Émeraude ouvert au public en 2011 en lieu et place de l’ancienne Maison de la Nature du domaine d’Estripault.

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L’endroit se situe sur la commune du Morne Rouge trois kilomètres à l’écart de la ville en prenant la route de la Trace qui rejoint Fort de France. Le domaine qui s’étend sur près de 25ha est géré par le Parc Naturel Régional de la Martinique qui a souhaité en faire un lieu d’observation de la biodiversité de l’île. On trouve ainsi trois petits sentiers en forêt qui proposent des parcours découverte faciles d’accès, des serres ou encore un pavillon d’exploration dont le magnifique jardin fait face à la Montagne Pelée. Compte tenu de l’heure tardive, nous arrivons à 14h45 et le site ferme à 16H, nous passons très rapidement au pavillon d’exploration et n’empruntons que le sentier de 15 minutes. Si l’occasion se présente, nous reviendrons pour rester plus longtemps.

6/ Balade en bateau local dans la barrière de corail sur la côte au vent

Ce 2 mai à 8H30, Christian Botiveau de Ty Domino vient nous chercher à la capitainerie de la marina du Robert pour nous accompagner jusqu’à son catamaran. Christian propose une visite différente de celle proposée par la plupart de ces concurrents. Loin des ilets restaurants et du folklore de la « baignoire de Joséphine »; on découvre le coté « nature » du littoral atlantique au travers d’une excursion paisible (sans musique) et sans excès avec de nombreux sites visités : Ilets, mangroves, fonds blancs, barrières de coraux. Il nous propose une sortie conviviale, loin de la foule. Ce style de sortie est pour ceux qui aiment la nature et les activité nautiques. A bord il n’y a pas de musique « Pitbull » ni de pitre professionnel pour nos servir le rhum à gogo !!!!

Après 3/4 d’heure de navigation à la voile, nous arrivons aux fonds blancs de la baignoire Trapèze.

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Nous faisons du snorkeling et découvrons quelques poissons endémiques de l’endroit ainsi que bon nombre d’étoiles et de concombres de mer. Le temps qui sur la photo ne parait pas engageant nous a cependant ménagé quelques très belles éclaircies.

Après 30 minutes nous partons en direction des  fonds blancs de l’ilet Madame. Le site est paradisiaque si ce n’est les sargasses qui envahissent toute la baie ainsi que les ilets. Nous faisons également du snorkeling et voyons sur un petit récifs corallien une myriade de petits poissons.

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Après une petit heure et demie nous remontons sur le bateau pour y déjeuner. Le repas que nous propose Christian est composé : Cake au thon, Cakes de Riz au jambon / banane plantain / Giraumon, fruits & flan au coco. Boissons comprises : Apéritifs (planteur ou rhum arrangé), jus, eau et café. Comme l’explique Christian, ce pique nique est volontairement simple car il s’agit d’une excursion orientée sur la découverte de sites et non d’une sortie « bouffe » sur un ilet ou un bateau restaurant !!! Le pique nique est simple mais « fait maison » Christian essaie de proposer des choses originales avec des produits locaux comme la farine de Manioc et le Giraumon (citrouille locale). Il ne sert pas de boissons alcoolisées avant le déjeuner.

Nous repartons, toujours à la voile pour l’ilet chancel que nous avons délaissé le matin car tous les bateau du François y vont en premier avant d’aller à l’ilet Madame pour y déjeuner, mais lorsqu’ils arrivent nous partons.

Sur cet ilet pas de snorkeling mais une ballade à pied. En effet, il y a une des dernières colonies  d’iguanes des caraïbes (Iguana delicatissima), la femelle généralement de couleur verte et le mâle de couleur grise.

En 2006 on dénombrait environ 600 individus. L’ilet comporte également les ruines d’une ancienne briqueterie, dont les briques ont servi il y a 300 ans à l’édification du château Du Buc.

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Il faut savoir que la baie du Robert comportent 10 ilets :

Ilet Loup Garou : Superficie : 1,9143 ha, Particularité : Banc de sable, Géographie : Cet îlet se localise à environ neuf kilomètres à l’est du bourg du Robert. De forme ovïdale, il est constitué d’un plateau sommital subhorizontal qui est rattaché à la côte par des pentes moyennement inclinées. L’Ilet Loup-Garou est en fait un banc de sable très blanc et très fin qui repose sur une assise de roches madréporiques.

Ilet Petit Piton : Superficie : 0,7650 ha, Particularité : Falaises pentues, Géographie : Résultat d’une coulée de lave provenant de l’îlet la Grotte, l’îlet Petit Piton est localisé à l’ouest de celui-ci. D’ailleurs, on le surnomme l’îlet du Rocher de la Grotte. De forme légèrement allongée et conique, ce Rocher est circonscrit de tous les côtés par des falaises pentues.

Ilet Boisseau : Superficie : 0,5425 ha, Particularité : Sanctuaire des oiseaux, Géographie : Situé au nord de l’Ilet Madame, l’Ilet Boisseau est un ensemble massif de coulée d’andésite circonscrit de tout côté par des falaises vives, moyennement élevées mais très fragiles.

Ilet à Eau : Superficie : 3,2525 ha, Particularité : Sans eau, Géographie : Tel un papillon, l’îlet à Eau se déploie dans une mer couleur émeraude. Autrefois, on pouvait noter la présence d’une mare sur l’îlet, depuis elle a tarie.

Ilet La Grotte : Superficie : 5,688 ha, Particularité : Chauve-Souris, Géographie : Situé entre l’Ilet Chancel, au nord, et l’Ilet Petit Piton, au sud, l’Ilet la Grotte présente à la fois un faciès de hyaloclastites et un faciès de coulées massives. De forme allongée et conique, il est constitué d’un bas plateau et d’un morne convexe circonscrit par des falaises relativement abruptes.

Ilet Petite Martinique: Superficie : 4,8890 ha, Particularité : Madinina, Géographie : L’ilet Petite Martinique se localise dans la partie septentrionale de la baie du Robert à environ un demi kilomètre au nord de l’Ilet Petit Vincent. De forme triangulaire, il présente une morphologie convexe à l’est et concave à l’ouest. Cette partie de l’Ilet est occupée par une anse au sable très fin et usé. Ce site a un double faciès : soit un faciès bréchique formé de hyaloclastites, soit un faciès de coulées massives qui recouvre le premier.

Ilet aux Rats : Superficie : 0,650 ha, Particularité : Rat volant, Géographie : L’aspect morphologique de l’îlet est celui d’un rat. A marée basse, la pointe nord de l’Ilet forme un bras de terre, relié à l’Ilet à Eau, ce qui lui donne la physionomie d’un rat avec sa queue. Circonscrit par des falaises extrêmement érodées, l’îlet n’a qu’une faible altitude ce qui fait qu’il subit une influence marine accentuée.

Ilet Chancel : Superficie : 70,00 ha, Particularité : Iguanes, Géographie : Il a connu une histoire assez mouvementée et a changé plusieurs fois de nom. Au début de la colonisation, l’ilet est habité par les Caraïbes. En 1637, les Caraïbes font don de l’ilet à Madame Duparquet qui le nomme « Ilet Monsieur ». Au XIXe siècle, l’ilet est racheté par un dénommé Chancel qui lui donne son nom actuel.

Ilet Petit Vincent : Superficie : 0,625 ha, Particularité : Presqu’île, Géographie : L’ilet Petit Vincent est en fait une petite presqu’île de forme quasi-circulaire. Situé au nord de l’Ilet Petite Martinique, ce site est constitué de pentes moyennement douces reliées à un plateau sommital bosselé et faiblement incliné. Sous l’effet d’un apport sédimentaire récent une mangrove alluvionnaire s’est formée jusqu’à faire corps avec la côte.

Ilet Madame : Superficie : 2,8600 ha, Particularité : Bassins sablonneux, Géographie : L’Ilet Madame forme l’armature orientale du havre du Robert. Il se localise au sud de l’Ilet Boisseau. De configuration circulaire et conique, l’Ilet Madame est un ensemble massif de coulée d’andésite bordé par deux falaises.

Pour en savoir plus sur ce que propose Christian Botiveau cliquez sur ce lien.

La journée du 7 mai se présente bien au niveau temps, aussi comme dit plus haut, nous retournons au domaine de l’émeraude. Nous ne faisons pas de balade en forêt mais allons directement au pavillon d’exploitation pédagogique et ludique. Nous nous baladons ensuite dans le parc, et 2 petites heures après notre arrivée , nous rejoignons la voiture.

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Nous allons déjeuné à la Chaudière restaurant réputé et mentionné dans le Routard. Nous ne sommes pas déçus Carine prend un Dombré fruit à pain et crevettes et un blanc mangé, pour ma part je choisi un croustillant de poulet purée violette, riz et petits légumes  et une négresse endimanchée (genre fondant au chocolat).

Nous rentrons par Grand Rivière petit port tout au nord de la Martinique. Ici, nous sommes hors du temps le rue sont désertes et à cette heure de l’après midi, même les barques de pêcheurs restent à quai. Nous faisons ensuite toute la côte est jusque Sainte Marie.

Le surlendemain nous allons aux salines situées après la commune de Saint Anne. Nous visitons le milieu humide constitué par l’étang des salines.

Nous passons ensuite par la pointe chevalier car nous pensons y déjeuner au Cocotier. Mais nous avons une surprise de taille en sortant de la voiture. En effet, une forte odeur d’algues en décomposition nous prend à la gorge. La côte Atlantique de la Martinique est littéralement envahie par les sargasses à tel  point que l’armée a été réquisitionnée pour tenter de libérer les plages de cette emprise présidentielle, elles dégagent du sulfure d’hydrogène. Ce gaz est dangereux pour l’homme à forte dose. Pour l’instant, aucun cas de mortalité humaine lié à cette pollution n’a été recensé, mais certains habitants se plaignent de maux de tête, de nausées et de vomissements. Le maire du Robert, en Martinique, a décidé par précaution de fermer plusieurs écoles situées à proximité des zones touchées.

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Pourtant le cadre est idyllique

Ces algues brunes colonisent depuis 2011 la mer des Caraïbes, mais le phénomène ne cesse de s’amplifier. Transportées par les courants, les sargasses arrivent sur les rivages des îles des Caraïbes en provenance du large du Brésil. Ces sargasses viennent du sud, de la zone en face de l’embouchure de l’Amazone, et on en trouve également dans la mer des Sargasses, une partie de l’Atlantique située plus au Nord. Les raisons de la multiplication de ces algues brunes sont encore mal comprises. L’hypothèse la plus probable est l’action combinée du réchauffement de l’eau et d’un apport accru de nutriments issus de l’agriculture intensive au Brésil. Ce phénomène est encore accentué par la déforestation, qui empêche la retenue des sols.

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Pour voir toutes les photos cliquez sur ce lien.

En fait, nous décidons de prolonger de 2 semaines notre séjour à la marina Étang Z’Abricot et louons une seconde voiture à partir de lundi 14 mai. En effet, le temps n’ a pas été très folichon et nous avons annulé toutes les randonnées envisagées. Nous espérons que ces 2 prochaines semaines seront un peu plus ensoleillées.

Cette seconde période fera l’objet d’un prochain article, à bientôt.