La navigation depuis les iles du salut s’est déroulée sans encombre et nous arrivons trop tôt en vue du fleuve Maroni. En effet, dans l’idéal il faut arriver à mi-marée montante pour bénéficier du courant et passer sans encombre l’entrée où les fonds sont peu profonds. Pour ce faire nous aurions dû partir vers 22 heures mais les équipages de Pilhaouers et Taki ont préféré partir de jour moralité nous sommes devant l’entrée à 9 heures le matin, soit deux heures avant la basse mer. Nous nous sommes fait des frayeurs avec, à certains endroits, seulement 10 cm sous la quille. De plus, la cartographie est fausse et Maxsea Timezero ne montre pas les bouées au bon endroit, nous décidons de suivre les bouées et non Maxsea, ce qui nous permettra de passer. Nous mettons 7 heures pour réaliser le trajet jusqu’à Saint Laurent du Maroni (SLM) et prenons une bouée à 16h30. Nous sommes amarrés par David le responsable de la « marina » SLM qui bien que fort accueillant est très critique vis-à-vis des populations et de son personnel.

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Le lendemain matin accompagné de David, nous faisons les formalités d’entrée à la police de l’air et des frontières car nous sommes en France mais pas dans l’espace Schengen. Ensuite, nous allons faire les courses à super U toujours avec David puis rentrons aux bateaux. L’après midi, chez David, nous mangeons une galette achetée par nos soin, galette arrosée d’un vin semi dulce de Lanzarote. Là nous décidons tous ensemble d’aller faire un tour de quelques jours la semaine suivante à Cayenne.

La journée du vendredi est consacrée à la recherche de 3 petits appartements à Cayenne et d’un minibus, car nous sommes six. En fin de journée, Carine a tout bouclé et nous mangeons la galette achetée par Catherine de Taki. Le matin les filles retournent au super U avec David, j’en profite pour aller chez le coiffeur.

Samedi matin nous allons au marché qui regorge de fruits et légumes et offre à la vue un superbe spectacle multicolore.

A 11 heures nous nous rendons chez Budget pour retirer le minibus Renault que nous avons loué pour une semaine. Nous retournons au marché avec le minibus pour y manger une soupe chinoise. En effet, la Guyane compte une population H’Mong importante. Les H’mong sont arrivés en Guyane en 1977 fuyant le communisme du Laos (le Pathet Lao), après avoir séjourné dans les camps de réfugiés de Thaïlande. Il y a aussi des annamites qui furent enfermés dans le camp de la Crique Anguille (cf. ci-dessous). Nous profitons du marché pour acheter chez le boucher un onglet qui s’avérera excellent.

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L’après midi re-galette qui en fait est remplacée par des petites viennoiseries, cette fois ci pas chez David, qui est fermé le samedi, mais sous un kiosque sur la place devant l’office du tourisme et le bureau de la marina. Nous allons finir par prendre du poids avec toutes ces festivités.

Le lendemain, dimanche, nous allons chercher du gasoil pour Taki et Pilhaouers avec le minibus à la station service à côté de budget, j’en profite pour remplir mon petit jerrican d’essence pour le moteur de l’annexe. La suite de la journée est consacrée au transport des bidons de gasoil sur les bateaux, avec les annexes et des bidons d’eau toujours avec les annexes. Pourquoi le remplissage des réservoirs d’eau avec des bidons car le ponton dont David nous avait parlé avec la possibilité de faire le plein n’est plus opérationnel. Pour Batopoupa, nous ne ferons cette opération qu’à notre retour de Cayenne.

Lundi matin nous partons à 10 heures direction Cayenne, à 10h30 demi tour car Philippe a oublié son ordinateur portable chez David. A 11h nouveau départ, mais à peine avons nous roulé une demi heure qu’une pluie battante s’abat sur notre chemin, pluie qui ne cessera qu’à notre arrivée à Cayenne. Sur la route nous faisons une halte à Kourou qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable sauf le magasin d’accastillage à l’entrée où nous reviendrons avant de rentrer à SLM. A l’entrée de Cayenne nous voyons sur la droite de la route le magasin que Johnny cherche avidement, car ses batteries sont mortes.

Mardi et mercredi nous visitons le centre historique de Cayenne qui n’est pas extraordinaire mais offre un certain charme avec ses maisons coloniales. Mercredi nous allons au marché aux légumes et mangeons dans un restaurant chinois pour 10€ par personnes des portions qui peuvent nourrir deux personnes.

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Jeudi, Philippe et Imelda ont rendez vous avec un copain au marché à côté d’où nous habitons. Nous les déposons et allons avec Catherine et Johnny visiter le centre spatial de Kourou. Nous ne pouvons malheureusement visiter que le musée car pour le centre spatial, il faut réserver une semaine à l’avance, ce que nous ne savions pas.

Le dernier jour nous rentrons en passant par le bagne des annamites, la montagne des singes et la crique Toussaint.

Le camp de la Crique Anguille, plus communément appelé bagne des Annamites (car les prisonniers étaient principalement originaires de l’Annam – nom du territoire formant aujourd’hui le Vietnam), est un bagne français situé sur la commune de Montsinéry-Tonnegrande en Guyane.

Créé en juin 1930, ce camp ne dépend pas de l’administration pénitentiaire, mais directement du gouverneur de la Guyane. Originellement, le camp comprenait sept bâtiments en bois, la maison du chef de camp, des cachots et un réfectoire, tous construits par les premiers bagnards.

Le but de ce camp (comme des deux autres créés en même temps) était de développer la région de l’Inini, alors entièrement recouverte de forêts. Les premières pistes sont tracées à partir de 1934.

À partir de 1939, les détenus sont progressivement libérés à la fin de leur peine. Lors du déclenchement de la guerre en 1940, les tirailleurs sénégalais qui officient comme gardiens furent remplacés par des militaires guyanais.

Le camp est définitivement fermé en 1945. Les Indochinois qui y sont encore sont graciés et s’installent dans la ville de Cayenne pour y fonder ce qui est encore aujourd’hui appelé le quartier chinois.

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Nous continuons notre remonter vers SLM en passant par la montagne des singes située à une douzaine de kilomètres au sud-ouest de Kourou. Elle culmine à 161 mètres d’altitude.

En fait, la montagne des singes offrent deux sentiers à la randonnée :

  • Le parcours court : vers la droite, avant d’arriver au terre-plein, il permet une approche rapide de la forêt mais sans profiter de toute sa richesse. Longueur 657 m.
  • Le grand parcours – durée environ 2h à 2h30. C’est le parcours principal. Il ne comporte pas de difficulté mais la montée exige un minimum de condition physique. Prévoir de bonnes chaussures de marche et de l’eau. Longueur 3260 m. A noter, qu’il est possible d’assister aux tirs d’Ariane depuis le sommet.

Nous avons choisi de faire le petit parcours qui nous permet de découvrir les essences de cette forêt équatoriale luxuriante.

Nous terminons notre périple par la crique Toussaint où nous nous restaurons avant de reprendre la route direction SLM.

Nous rendons le véhicule le samedi matin puis allons de nouveau au marché essentiellement pour y manger une soupe et acheter à nouveau deux onglets.

Compte tenu des conditions climatiques, nous avons décidé de ne partir que mercredi prochain. Les journées de lundi et mardi sont consacrés au remplissage du réservoir d’eau avant et finalisation de l’avitaillement. Mais mardi dans l’après midi la pompe électrique des toilettes avant tribord, la seule qui fonctionne correctement, n’évacue plus. Nous prenons la décision de rester une journée de plus pour tenter de remédier au problème. Le lendemain à l’aube, je m’attelle au démontage de la tuyauterie et constate qu’à l’entrée de la pompe il y a une espèce de mélasse avec de la filasse qui fait bouchon. Le tout enlevé et remonté, plus 2 litres de vinaigre et tout rentre dans l’ordre. Dans la foulée je regarde les toilettes bâbord mais la, rien n’y fait et je redoute que ce ne soit la pompe qui soit hors d’usage.

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Jeudi matin à 6h45, nous prenons le départ direction Carriacou et plus exactement Tyrrel Bay.