Sur les conseils de Philippe la veille, nous partons ce matin à 7h30 pour visiter l’ile à pied avant l’arrivée des touristes de Kourou à 10 heures par 4 catamarans massive. Nous profitons pleinement de la nature et pouvons voir la faune et la flore luxuriante de cette ile qui ne fut pas que paradisiaque.
En effet, de 1850 à 1950 les iles du salut (ile royale ; ile saint joseph et ile du diable) ont servis de bagne à la France, bagne où étaient enfermés des prisonniers politiques mais aussi de droit commun souvent pour des larcins mineurs, leur condition de détention étaient totalement inhumaine.
A 10 heures nous prenons un café à l’auberge des iles, nous y retrouvons J-J et Ariane de Chiloé.
Nous prenons rendez vous auprès de Patrice, le responsable de l’auberge, pour le déjeuner du lendemain. Il faut savoir que les iles du salut, ainsi que l’auberge, sont la propriété du CNES (centre national d’études spatiales).
Le lendemain matin, 30 décembre une opération collage des annexes de Philippe et Johnny (bateaux Pilhaouers et Taki) qui ont quelques fuites d’air et d’eau. A midi nous prenons le chemin de l’auberge pour y déjeuner. De la terrasse où nous sommes assis nous avons vue sur l’ile du diable où était enfermé le capitaine Dreyfus.
La bâche que l’on peut voir sur la photo de gauche constitue la réserve d’eau de l’auberge, eau qui est dessalée. Le repas, qui consiste en un buffet, est très copieux et nous terminons par un planteur maison. Le responsable nous a indiqué qu’il faisait le réveillon du 31 avec repas toujours sous forme de buffet et DJ, nous réservons donc pour le lendemain à 22 heures. Nous redescendons vers 16 heures et prenons rendez vous pour le lendemain à 9 heures avec mécanicien du catamaran Ile du Salut. En effet, Philippe et Imelda ont négocié avec lui pour qu’il nous emmène tous les six sur l’ile Saint Joseph avec son annexe, les nôtres étant trop petites pour passer le courant entre les deux iles.
Le matin à 9 heures nous sommes sur le ponton et embarquons, par vague de 3, direction l’ile Saint Joseph. L’atmosphère est pesante lorsque l’on se souvient que bon nombre de bagnards ne sont jamais partis vivants de cette ile.
Nous avions pensé pique niquer avant de retourner vers 14 heures aux bateaux. Malheureusement nous avons été surpris par un grain d’environ 1 heure. Moralité à 12h30 nous demandons à un skipper d’un des catamarans qui stationnent la journée sur des bouées à l’ile Saint Joseph de nous ramener sur l’ile Royale. Bilan le pique nique c’est déroulé chacun sur son bateau et la suite de la journée a été une suite de grains. Mais avant de manger nous refaisons le mouillage car nous constatons que nous avons dérapé d’environ 25 mètres, nouveau mouillage qui semble aussi sûr que le précédent. Une petite explication s’impose, nous mouillons dans de la vase mais, le problème aux iles du salut est que la vase est stratifiée par plaques et que ces plaques glissent les unes sur les autres. On peut donc être très bien accroché, mais la plaque de vase sur la quelle on est peut glisser sur celle du dessous. Le soir vers 9h30, nous montons en direction de l’auberge sous une pluie battante harnachés de nos cirés.
A l’arrivée séance de déshabillage – rhabillage afin d’être présentables pour le réveillon que nous passerons avec 3 gendarmes en poste pour trois mois sur l’ile. Je ne suis pas très serein car le dérapage du matin ne m’inspire d’autant plus que lorsque nous sommes partis des bateaux il y avait beaucoup de vent. Après les plats et juste avant les desserts Émeric, un des trois gendarmes, me propose gentiment de m’accompagner avec la voiture jusqu’au mouillage pour vérifier de visu que tout va bien. En discutant sur le chemin j’apprends qu’il a fait du bateau avec ses parents ce qui explique sa sensibilité à mon angoisse. Arrivés en bas, nous constatons que tout est calme, plus de vent et les bateaux ne bouge pas. Nous remontons et là Carine, pour me réconforter, m’a préparé une assiette de gâteaux, tous à base de chocolat. Nous poursuivons la soirée en dansant et rentrons vers 2 heures pour nous coucher vers 2h45. Ce fut une excellente soirée dont nous garderons un très bon souvenir.
Le lendemain les équipages des trois bateaux se reposent en prévision de la navigation du mardi soir 3 janvier en fin d’après midi direction Saint Laurent du Maroni.

Mercredi 3 janvier départ à 17h pour Saint Laurent du Maroni qui fera l’objet d’un prochain billet.
