Nous partons de Salta à 22h30 pour une arrivée à Tarija en Bolivie à 6h30. Le voyage se déroule sans encombre, passage de la frontière Argentine-Bolivie à 2h30 réduit à sa plus simple expression ; tampons de sortie et d’entrée sans contrôle des bagages sans doute dû à l’heure très matinale. Nous mettons à profit cette arrivée matinale pour prendre les billets de la prochaine étape qui sera Tupiza mais le comptoir de la compagnie Trans-Juarez est fermé et nous décidons d’aller à celui situé à côté de l’ancien terminal en centre ville. Après avoir déposé les bagages à l’auberge Casa Blanca, nous allons au café Moka place du Gal Sucre (prononcé soucré) ou nous prenons un excellent petit déjeuner pour seulement 62 Bs soit moins de 8€ pour nous deux. Nous passons ensuite à l’agence « Valle de los Condores » qui organise le trek du lendemain mais elle est fermée, nous appellerons donc Vincent, le responsable de l’agence, par WhatsApp pour convenir d’une rendez vous dans l’après midi. Le rendez vous se passe de la meilleure façon autour d’un jus d’orange et nous convenons d’un départ de notre hôtel le lendemain matin à 10h.
Malchance, la ville de Tarija est bouclée par des barrages routiers et nous mettrons le double de temps (3 heures) pour arriver à la « ferme ». Ferme, où Vincent et Julia, sa femme, ont vécu 20 ans avant de migrer à la capitale du département Tarija pour que leur fils puisse suivre ses études.
Nous rencontrons des jeunes originaires de suisse qui arrivent du trek que nous ferons le lendemain en compagnie de 4 américains.
Contrairement aux américains qui vont faire l’aller et retour dans la journée nous ferons le trek sur 2 jours. Départ le matin à 8h30 avec au programme 3 à 4 heures de marche pour accéder aux plateaux situés vers 3000 mètres d’altitude. Environ à mi chemin notre guide décide de faire une halte de 15 minutes de repos mais aussi, avec un peu de chance, d’observation des condors, et nous avons de la chance car les condors nous gratifient de leurs vols majestueux. En effet, les condors passent la majeure partie de leur temps à planer dans les courants thermiques créés par les vallées et les montagnes. Leurs ailes larges sont bien adaptées à ce type de vol. Ils utilisent les courants ascendants et ne pratiquent que très rarement le vol battu, pour préserver leur énergie.
Pour tout savoir sur la vallée des condors et l’offre de l’agence « Valle de los Condores »
Nouveau départ pour la suite de la montée, je dois avouer que je n’ai plus ni mes jambes ni mon souffle de mes 20 ans et je suis bien content, mais Carine aussi, d’arriver enfin sur les plateaux. Là les guides, le notre et celui du groupe des américains, nous préparent un repas reconstituant. Ensuite petite sieste, après montage des tentes, pour nous mais départ pour l’autre groupe à qui nous souhaitons une bonne descente. Vers 14h30 nous partons avec le guide pour découvrir les falaises environnantes qui sont plus impressionnantes les unes que les autres. Le plus inimaginable ce sont les vaches créoles (vaches importées par les espagnoles) qui escaladent les pentes comme si elles étaient des chèvres.
Retour au camp de base avec la provision de bois pour le repas du soir. Vers 16h le guide part chercher de l’eau, une balade d’environ une petite heure, il nous propose de l’accompagner, j’accepte bien volontiers mais Carine préfère rester au camp. Nous ne sommes que tous les deux et le guide en profite pour allonger le pas, je le suis sans problème pour la descente sans halte d’une vingtaine de minutes. La remontée ne sera pas la même car la fatigue de la montée de la matinée m’oblige à demander 3 arrêts, nous arrivons enfin après 40 minutes.
Le guide infatigable démarre le feu pour le repas mais aussi nous réchauffer, car dès le soleil couché la température chute et tombe aux environs de 5° Celsius. Une bonne assiette de pâtes arrosée d’un verre de vin blanc nous font oublier les fatigues de la journées. Nous ne faisons pas de vieux os et vers 8h nous rentrons sous nos tentes plus pour être au chaud que pour dormir.
Vers 6h45 réveil car au lever du jour nous devrions observer les condors qui sortent de leur nids situés dans les anfractuosités des falaises. Mais stupeur en sortant de la tente nous sommes dans une purée de pois qui ne nous permet pas de voir à plus de 20 mètres. Nous prenons donc le petit déjeuner puis démontons les tentes et prenons le chemin de la descente. En chemin le temps se dégage et nous observons une nouvelle fois un vol de plusieurs condors, nous sommes de nouveau sous le charme.
A 12h30 arrivée à la ferme où Vincent et Julia nous attendent pour un barbecue reconstituant accompagné d’un vin d’altitude excellent au demeurant, puis ils nous reconduisent avec leur véhicule à l’auberge à Tarija.
Là nous préparons notre départ du lendemain pour Tupiza. Je sors de la chambre pour demander si nous pouvons avoir le petit déjeuner à 7h30 au lieu de 8h. La réponse est positive mais en plus nous sommes invités à partager les pizzas que les jeunes résidents font au barbecue, parmi lesquels nous retrouvons Élodie une jeune voyageuse que nous avions vu à la ferme lors de notre arrivée. Nous acceptons bien volontiers et nous partageons cet insistant de convivialité avant d’aller prendre un repos bien mérité.

Après ce superbe trek de découverte des Condors, la suite de notre voyage passe par Tupiza base de départ pour le sud Lipez et le désert du Salar que vous pourrez suivre dans le prochain billet.
