Notre bus est à 7h30 aussi, la veille nous avons demandé au responsable de l’hôtel qu’il réserve un taxi pour 7h. Nous nous levons à 5h50 ce qui nous laisse le temps de nous préparer, à 6h30 nous allons déjeuner mais, bien sûr, le seul jour ou il y a du retard dans la préparation c’est aujourd’hui !!!! Nous prenons le déjeuner sur le pouce pour être prêts lorsque le taxi arrivera. A 7 heures nous sommes devant la porte mais pas de taxi, il est vrai que la station des bus est à 10 minutes en voiture mais tout de même. A 7h15 nous sommes inquiets d’autant plus qu’entre temps nous avons fait appeler le taxi une nouvelle fois. Nous avions oublié que nous sommes au Paraguay et on y va tranquille, à 7h17 il arrive et nous pouvons enfin prendre le car. Il ne date pas de la première jeunesse, les sièges sont tous défoncés, ils ne tiennent pas toujours en position assise et les vitres brinquebales ; cerise sur le gâteau le pneu avant droit a une belle entaille sur le flan.
Pour situer un peu l’ambiance, au dessus du chauffeur il y a une citation : « Je conduis et dieu me protège », avant de partir il touche la croix de son chapelet et, dans la foulée se signe et démarre. Tout devrait donc bien se passer et c’est vrai, nous voyageons environ 6h sur des routes qui font penser aux pistes du Paris – Dakar et arrivons à 13h30 sans encombre.
Là, le choc est rude, d’abord il fait beaucoup plus chaud qu’à Concepcion et les rues, lorsqu’elles sont bitumées, sont toutes recouvertes d’une couche de sable qui vole dès qu’une voiture passe. Pendant le parcours jusque l’hôtel, nous respirons dans une atmosphère ensablée et les yeux ne sont pas en reste, heureusement que le soleil nous impose le port de lunettes. L’hôtel semble très bien ainsi que notre chambre où nous déposons nos bagages pour partir à la découverte de cette ville étrange. Mais au préalable nous demandons au réceptionniste, qui parle anglais, les moyens de visiter le Chaco. Car, de Concepcion nous avions contacté l’agence Gran Turismo Chaco mais son gérant trop surbooké ne nous a pas répondu favorablement. Le réceptionniste nous conseille Clemens Brülemann, un allemand installé depuis 20 ans et qui parle également anglais, rendez vous est pris pour 17h.

Nos pas nous portent vers le musée Jacob Hunger composé de quatre maisons. Compte tenu de l’heure tardive, nous n’en ferons qu’une seule qui retrace la rencontre entre les mennonites et les indigènes car le musée ferme ses portes à 16 heures et nous sommes arrivés à 15h30. Nous retournons donc à l’hôtel pour y attendre Clemens. A 17h précise il arrive et nous nous mettons d’accord pour un départ le lendemain à 8h30 pour la journée complète car le temps devrait être clément le lendemain mais plus aléatoire le sur-lendemain avec de la pluie annoncée.
A 8h30 précise, nous voilà installé dans le 4X4 pour une journée de découverte du Chaco. Sur la route on peut se demander si nous ne sommes pas arrivés en Allemagne car ici tous les hameaux portent des noms germaniques comme en témoigne le panneau indicateur ci-dessous :

Les origines germaniques de confession mennonite des habitants du Chaco expliquent cette bizarrerie. Nous débutons par la visite de Lluvia de Oro une exploitation agricole basée sur l’élevage et la production de lait, lait collecté par la coopérative Fernheim développée par la colonie éponyme. Nous nous dirigeons ensuite vers une estancia spécialisée dans l’élevage de taureaux reproducteurs, notre guide nous précise que ces animaux sont primés chaque année depuis plus de 20 ans.
Nous allons ensuite à proximité d’une lagune, la laguna capitán, où nous nous arrêtons pour déjeuner à la trappeur. Sur le chemin pour y accéder, nous avons eu la chance de pouvoir photographier des Yagaretes (caïmans).
Notre guide a dans son coffre tout le matériel et les ingrédients pour réaliser un bon frichti.
Ensuite, pendant deux petites heures, nous faisons le tour de la lagune où nous pouvons photographier une multitude d’oiseaux. Nous ne verrons malheureusement, ou plutôt heureusement, ni de pumas ni de boas constricteurs, seulement des empreintes de tapir. Le paysage est fascinant avec tous les arbres morts en raison de la salinité de l’eau.
Pour terminer cette visite nous nous arrêtons au fortin Isla Po’I témoin de la guerre du Chaco

Sur la route du retour nous avons une chance inouïe d’assister à un phénomène aussi fascinant qu’angoissant plusieurs nuages de sauterelles. Notre guide nous a proposé d’aller sous les nuages ce que nous avons accepter.
A 19h nous rentrons à l’hôtel après avoir passé une journée que nous ne sommes pas prêts d’oublier.
Si nous nous écoutions nous referions bien la même chose le lendemain matin, mais la pluie est au rendez-vous et nous visitons les trois dernières maisons du musée. Avant de nous rendre au musée, nous passons pas le bureau de Stell Toursimo, agence à côté de l’hôtel, pour voir si l’on peut prendre les billets pour le bus du lendemain direction Asunción. Effectivement, nous pouvons les acheter ce qui nous évite d’aller au terminal des bus situé à près de 2 km.
Le musée historique et naturaliste existe depuis 1957. Dans une première maison, qui était autrefois le siège administratif de la colonie, le musée historique expose divers objets apportés d’Europe par les familles fondatrices de la colonie. On y voit par exemple une mandoline ou des bottes en laine de Sibérie, et une vieille presse de 1945 qui servait à imprimer le Mennobladtt, journal qui existe toujours. Devant le musée, une vieille tronçonneuse qui servait à la communauté. Derrière, un beau parc « des souvenirs » rebaptisé « de la mémoire », où l’on voit de magnifiques samu’u arbres en forme de bouteille plein d’eau.

Dans la seconde maison, vers le bureau du tourisme, une collection d’animaux empaillés. On y voit l’essentiel de la faune locale (tatous, ñandu, puma, aguarra guazú, serpents, papillons araignées…) dans un bon état de conservation. Jacob Unger (1884-1959) est l’un des premiers scientifiques à s’être intéressé à la faune du Chaco. Une salle montre également des objets de différentes ethnies de la région (céramiques, ustensiles et armes en bois ou en pierre…).

L’après midi nous rentrons pour préparer la suite du voyage et faire un peu de blog. En effet, nous envisagions de monter directement du Pentanal en Bolivie. Les conditions ne nous permettant pas d’aller au Pentanal nous modifions notre trajet et décidons de passer par l’Argentine. Nous retournerons donc à Asunción ou nous resterons deux jours avant d’aller à Resistencia (6h de bus) puis dans la foulée à Salta (12h de bus) où nous resterons plusieurs jours pour visiter. Ensuite nous monterons à Tarija en Bolivie mais tout ceci fera l’objet d’autres billets.
