Après avoir remis la voiture au loueur, nous sommes allés au terminal des autobus d’Asuncion pour prendre le car direction Concepcion. Une fois nos billets en poche pour un montant de 160000 guaranis (Gs) nous attendons le bus. A 14h30 précises nous voilà partis pour environ 6h30 de voyage, si les autocars en France et en Europe ne circulent pas avec un nombre de voyageurs supérieur à celui précisé par le constructeur, ce n’est pas le cas ici. En effet, tout au long du trajet nous nous arrêtons pour récupérer des passagers à tel point qu’à la fin du voyage les allées sont bondées. Cette surcharge n’est pas le seul phénomène étrange de ce voyage il y a aussi l’état de la route qui oblige notre car à passer au ralenti sur certaines portions voire à certains moments à stopper. Cependant les horaires son respectés puisque nous arrivons un peu avant 21h.

Nous avions réservé par internet une chambre pour deux nuits à l’hôtel Puerto Seguro rue du général Franco (rien à voir avec l’espagnol). Quelle n’est pas notre surprise lorsqu’à l’accueil on nous annonce qu’il n’y a de la place que pour une seule nuit. Plutôt que de coucher dans la rue nous prenons.

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Hôtel Puerto Seguro

En passant avec le taxi nous avions vu une centaines de mètres avant, l’hôtel Frances qui est référencé dans le petit futé. Nous décidons donc d’aller sans plus attendre voir s’il y a de la place et effectivement nous réservons une chambre à partir du lendemain pour les 3 nuits suivantes et ce pour beaucoup moins cher (150000 Gs la nuit soit 25€ au lieu de 50€).

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Hôtel Frances

Notre objectif en venant à Concepcion est d’étudier les possibilités de nous rendre dans le Pantanal paraguayen. On ne peut accéder au Pantanal  qu’au travers de la réserve biologique « Los Tres Gigantes » (trois géants » : le tatou géant, le ragondin géant et le fourmilier géant) située en amont de Bahia Negra. Bahía Negra se trouve peu avant la rencontre des trois frontières (Brésil-Bolivie-Paraguay), à la confluence des Ríos Negro et Paraguay. C’est sans doute l’une des localités les plus isolées du Paraguay. On y accède avec le bateau de marchandises Aquidabán, depuis Concepción, une fois par semaine quand il n’est pas annulé, ou par la route, mais l’arrivée est encore plus hypothétique. Un avion militaire a repris ses vols deux fois par semaine. Bahía Negra est surtout un point de chute pour rejoindre la station biologique Tres Gigantes de l’organisation Guyra Paraguay. Une fois à Bahía Negra, il faut encore pendre une lancha (barque à moteur) pour arriver à la station de la réserve. La réserve peut pour 750000 Gs (120€) venir vous chercher et vous ramener (5 personnes maximum).

Notre première idée était de prendre le bateau, aussi dès le lendemain matin, nous allons à la recherche du bureau pour réserver une cabine sur  le bateau. Le petit futé annonce qu’il se trouve dans la rue à gauche au bout de la rue du général Franco, petite information complémentaire, le bureau est situé dans la maison avec la façade verte.

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Nous n’avions pas calculé que nous sommes samedi et qu’avant lundi rien ne se passera, comme on dit ici « tranquilo ». Nous attendrons donc lundi matin. Cependant nous avons de la chance car, en cette fin de semaine, Concepcion accueille un concentration de bikers et a de ce fait organisé des festivités.

Dans la matinée nous avons été gratifié d’un défilé des motos et des voitures du club de supercar de la ville avec de vieille Ford mais aussi des mustang flambant neuf et même une Audi R8.

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Une des Harley présente au défilé

Vers 19h nous nous dirigeons vers le bord du fleuve où une scène a été dressée. Et là,  nouveau coup de chance, la représentation de danses régionales débute.

Le soir dans la rue de notre hôtel beaucoup de petites échoppes se sont installés et la fête va battre son plein jusque tard dans la nuit. En sortant de l’hôtel pour aller diner, nous tombons nez à nez avec Gaby une jeune paraguayenne paraplégique rencontrée à l’hébergement d’Asunción la semaine précédente. Elle nous présente sa maman et sa grand mère et nous voilà parlant en anglais car la maman est professeur d’anglais à Concepcion. Cette rencontre va beaucoup nous aider dans la prochaine organisation de notre visite du Pantanal. En effet, nous sommes invités à boire le café le lendemain après midi et là nous échangeons sur beaucoup de sujets et pour finir rendez vous est pris le lendemain matin à 8h pour contacter la réserve et réserver l’avion. En effet, Carine et moi ne sommes pas encore de véritables baroudeurs et passer 3 jours sur un bateau qui ressemble plus à une épave en compagnie des rats et des cafards ne nous a pas emballé.

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Nous prenons donc l’option avion qui, de plus, est moins cher puisqu’il faut compter 200000 Gs contre 220000 Gs en bateau. Après moult appels téléphoniques, Jennifer** la maman de Gaby obtient enfin une information capitale, l’avion par d’Asunción mais s’il y a des passagers à Concepcion, il s’arrête pour les récupérer. Cette bonne info est malheureusement doublée d’une mauvaise, en raison des conditions atmosphériques exceptionnelles à cette époque, pluies diluviennes toute la semaine précédente, les vols sont annulés tant que la piste de Bahia Negra sera inondée. Nous abandonnons donc l’option zone humide du Pantanal et nous rabattons sur la zone sèche du Chaco.

** Vous vous dites certainement que Jennifer n’est pas un prénom paraguayen et vous avez raison, son papa est d’origine australienne.

Nous profitons de ces quelques jours à Concepcion pour visiter et faire du blog. Mardi matin à 11h nous n’avons pas pu résister et nous sommes allés assister au départ du bateau Aquidabán.

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Nous prendrons le car le 24 mai à 7h30 direction Filadelfia pour tenter et, cette fois on espère, réussir à visiter cette région ou se trouvent des tribus indiennes et les mennonites.